S'il n'y avait pas tes yeux Dans la mer je dormirais Sur le pavé je fleurirais Au ciel je me réveillerais Je jouerais invisible Au silence je te ravirais Notre jour est une pomme verte Je te regarde Sur les marches Tu m'appelles Dans les vitrines Au carrefour Je t'ai donné la main Sur les places Le soir ma journée morte C'est seulement en rêve Vasko Popa |
Le paradoxe règne dans le monde poétique de Popa ! C'est un monde féroce, tendre, terrible, drôle, courageux, jeune, dynamique enthousiaste, opiniâtre, indifférent, pathétique, grotesque, coléreux, fatigué, enfantin, lourd, conventionnel et tout à fait frais. Le quartz et sa biographie personnelle ; les os humains et leurs dialogues. Popa, poète urbain, n'observe pas le brin d'herbe, le nuage et la femme afin de guetter et de saisir les traits de sa personnalité, de son « Moi profond ». Il l'écarte, je veux dire par là qu'il prive ses vers de la rime , de tout ce qui est maladif, conventionnel et sentimentalement égoïste. Ne se flattant pas, il ne flatte pas l'homme il rejette les vers des grands illusionnistes et des falsificateurs humanistes. Etre un homme n'est pas très attirant, c'est plutôt de l'héroïsme, un effort titanesque et un fardeau qu'il faut supporter avec dignité.
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